Samedi 7 novembre 2009
Voilà, tout est dit, ou presque.

Je vais faire ça court : ce blog va être débranché, car ses proches ne supportent guère de le voir souffrir davantage.

Pour des raisons qui m'échappent, je vais quand même laisser sa dépouille numérique hanter le ouèbe. Parce qu'en l'effaçant, c'est comme si je gommais une partie de moi, et bon, ça fait un peu ch***.

Le blog part, mais le démiurge reste!

Et c'est ainsi que, parce que ma contribution cyber-je-ne-sais-pas-quoi est vital, je ne fais que déménager. Mais c'est quand même un drame qui se joue ici ; une mort, donc c'est triste. Donc on pleure. Je veux des larmes, je veux des cris, des sanglots et des pets de vaches éplorées.

Je renais (sans avoir été sur la croix, être monté au ciel et avoir attendu trois jours dans la salle d'attente du Gars là-haut) pour votre plus grande joie (si, si) à l'adresse suivante:

onfaittoutpeter.over-blog.com *



* Un blog qui va bien évidemment s'essouffler à terme, à la manière de celui-ci, et que je vais aussi enterrer. Mais avant de mourir il faut vivre, donc je range la pierre tombale, et vous, vous réfléchirez à une épitaphe plus tard.

Parce que celle de ce blog est déjà toute trouvée :

"Même mort, je vous emmerde."
Par L'Antiblogger - Publié dans : Tu ne blogueras point
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Samedi 10 octobre 2009
Allez, une fois n'est pas coutume, je vais ici chroniquer deux albums que j'ai récemment acquis, oui deux ! Et que j'ai obtenus par une voie tout à fait légale, puisque je les ai achetés à la FNAC! Voilà, comme ça si quelques membres de la Comission de Protection des Droits ou des Hadopistes convaincus passent par là, tapez pas, je suis dans les clous!
Deuxième petite précision qui je pense a son importance, c'est de musique assez violente dont il va s'agir, parce que quelquefois c'est bien de faire valser ses neurones, pour oublier un peu les choses caca. Eh bien commençons sans plus tarder avec the first album.


Across the Dark - Insomnium
Melodic Death Metal

Insomnium est un groupe finlandais que j'admire énormément. Faire cohabiter les termes "admirer" et "finlandais" dans une même phrase relève un peu du pléonasme en matière de musique, tant la production metal scandinave est de qualité. Entre la Suède, la Finlande, et à un degré moindre la Norvège, on doit pouvoir trouver l'essentiel des groupes qui caracolent en tête des charts de "musique de bourrin".
Le problème, quand on vient de là-haut, c'est qu'il faut pouvoir faire honneur à sa réputation, et toujours réussir à ce maintenir à un niveau d'exigeance suffisant pour ne pas décevoir un public tatillon. C'est le risque qui guettait particulièrement Insomnium, puisque leurs trois précédents albums étaient d'une qualité extraordinaire. On retrouvait ces riffs mélodieux sur laquelle planait une voix caverneuse et torturée venue des tréfonds des contrées elfiques. En alliant un solide ensemble instrumental et un chant dérangeant, Insomnium avait élaboré là une recette qui avait conquis sans peine. La qualité des compositions constatée dans la plupart des pistes de Above a weeping world, le prédécesseur direct du présent album, nous avait donné le signe que le groupe avait atteint le sommet de son ascension. Que faire maintenant? Continuer sur une voie vertigineuse ou bien redescendre?
Hélas je crains que le groupe n'ait choisi la seconde option... Pourtant, la volonté est bien là de donner quelque chose de nouveau en pâture à nos oreilles ; l'ajout de voix claires (clean vocals) sur des pistes comme Where the last wave broke est là pour en témoigner, et l'effet est d'ailleurs très réussi. Oui mais voilà, là où les autres albums nous prenaient par la main pour progressivement nous faire perdre pied et nous emmener loin du plancher des vaches, Across the Dark n'arrive jamais vraiment à faire décoller la machine. On ne trouve pas parmi la dizaine de morceaux proposés la mélodie qui va nous donner l'élan nécessaire à notre envol. Alors on attend, un peu désemparé par la platitude du paysage...
Au final, l'album est bon, bien introduit par le morceau Equivalence, qui promettait pourtant un voyage dans des contrées éthérées, mais il n'est pas signé de la majesté qui est pourtant le sceau habituel du groupe. Un album très écoutable, mais qui ne marquera sans doute pas les esprits... Dommage. Reste à savoir si le décollage ne se fera pas à retardement comme c'est parfois le cas à force d'écoutes.



Hatebreed - Hatebreed
Hardcore Metal


Attention, objet contondant en vue. Pour ceux qui connaissent un peu la maison metal, je ne sais pas si la présentation de ce groupe s'avère encore nécessaire. On reconnaît si facilement un morceau d'Hatebreed avec ces guitares enragées, cette batterie qui martèle l'air ambiant comme mille pilons, et la voix si caractéristique de ce gueulard de Jamey Jasta. Que dire à part qu'une fois encore, le groupe new-yorkais nous en met vraiment plein les oreilles? Des tracks au rythme bien appuyé qui dégagent une énergie phénoménale, et toujours cette sensation impérieuse de puissance jouissive. Si la musique adoucit les moeurs, Hatebreed au contraire les excite, jusqu'à ce que l'on soit complètement vidés. Rares seront les pauses, à part un petit répit que nous octroie une piste purement instrumentale (Merciless Tide), où viennent même s'égrener quelques notes de pianos. Un excellent moyen de gommer les traces d'une rude journée, une thérapie que je n'ose même pas vous conseiller formellement tellement sa nécessité tacite est évidente.
Par L'Antiblogger - Publié dans : Kulture
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Dimanche 27 septembre 2009
Il était une fois quelqu'un.

Quelqu'un qui, un samedi après-midi, n'en pouvait plus d'achever son Voyage au bout de la nuit. Il était fort dépourvu, quand tout a coup le téléphone sonnut sonna.

"Tu viens t'y à la biennale? qu'elle me fait la voix dans le bidule.
-Owi!"


Biennale de Lyon
CHAPTER I :
LA SABLIERE SUCRIERE


On est décidément prêt à tout pour ne pas connaître les affres de l'ennui, ce mal qui nous colle à la peau dès que l'imagination, dans sa substance sans borne, semble toutefois montrer des signes de tarissement. Pourquoi, comme les remèdes s'avèrent multiples, ne pas pénétrer dans une sucrière désaffectée réhabilitée en exposition pour redonner une gorgée de fantaisie roborative à notre âme désemparée? Petite virée dans un univers étrange de délices sucrées, à la recherche de cette "nourriture" si chère à Kafka.

Statut d'étudiant rime avec gratuité assurée. C'est déjà un peu le commencement de l'art, l'innocuité pour le portefeuille. Et puis, c'est déjà le délire, l'accueil est mené portail battant, bruyamment, inexorablement. D'un côté, puis de l'autre. A droite, à gauche. Comme si cette porte folle voulait libérer un monde sous pression, l'aider à se déverser soudainement, de partout, pour emplir chaque centimètre cube d'espace vide. L'art veut prendre la fuite, gaffe! Ses tentatives jusque là vaines témoignent d'un rude combat contre l'immobile, et le mur blanc et froid porte les marques des assauts de nos âmes angéliques.
Non loin de là, le vampire semble vouloir nous mener à la baguette en nous offrant le spectacle de ce qui est sans doute l'une de ses plus belles phases de delirium tremens. Navrant chef d'orchestre dont les phrases se terminent dans de mystérieux borborygmes. Question cruciale : comment un fou parvient-t-il à convaincre les avatars du chaos de se tenir par la main, en rang par deux? Pas de singularité mathématique, interrogation insoluble.

Et ces extraterrestres, figés dans leurs odieux projets ourdis pour asseoir leur joug cruel sur l'humanité? N'ont-ils pas été attirés par l'éclat de la Pensée, qui rayonne sans confins par l'éclat de ses néons? On reste fascinés devant les circonvolutions de ce cortex qui cache de bien étranges manifestations d'activité, cette intelligence indomptable. Elle dont la sève coule dans ces néons lumineux, qui font alors furieusement penser à l'arbre de la connaissance planté par Descartes.
Comme les oiseaux prenant leur envol depuis les branches de ce feuillu cérébral aux fruits si succulents, on aimerait bien goûter à une part de liberté. Pas du gâteau... Qui plus est cet homme, pied et main enchaînés, déambulant sous les regards aimantés mais non interpellés de ses pairs, nous renvoie à notre condition d'esclave. Recroquevillé sur lui-même, il marche, toujours, partout, sans but vraisemblable. Monde incroyable. Il est prisonnier de lui-même, entrave sa propre marche, croise ses geôliers par milliers. Pas besoin de piège, pas besoin d'abattoir, ici moutons et loups se confondent ; schizophrénie animale selon docteur Hobbes.

On en arrive à ne plus rien saisir de ce que nos yeux capturent, et les grains de la Sucrière nous filent entre les doigts. La folie n'a pas de cible favorite, dans sa gloutonnerie démente, les formes non pensantes font un agréable dessert. La lutte est alors tellement acharnée et éprouvante que même les choses ont besoin d'une chaise pour se restaurer un instant. Elles nous condamnent à rester debout, à regarder les inepties d'une évolution soi-disant progressiste. L'arroseur arrosé ; la punition de l'homo sapiens sapiens qui a tant réclamé à rester en station debout, et s'est creusé la cervelle pour savoir pourquoi cette pomme effrontée tenait tant à tomber...

Tout finit par s'effondrer sur lui-même. Et l'étoile Modernité menace d'imploser, entraînant toute la galaxie dans son sillage de mort. Tentant d'assister à la naissance d'une supernova, mais quand les camions se mettent à piquer du nez, c'est le signe que les carottes sont cuites. Des intelligences éparses ont écrit sur les murs, et d'autres ont tagué leur colère. Le monde essaie de pénétrer dans la Sucrière, et elle-même essaie de s'échapper dans le monde. On est avalé par l'Orobouros de la folie absconse. Ca pousse de l'extérieur, la protubérance de cette agression est là pour ne pas l'oublier. On voudrait crever ce furoncle de bois, mais on ne sait pas dans quel sens va venir le pus... La porte frappe toujours le mur à l'entrée, elle nous pousse à sortir de nos gonds. Ici, c'est à se taper la tête contre les murs. Complètement prisonniers dans un étau de sons, faudrait qu'on puisse s'en aller fissa. Bam, bam, pan, pan, tic, tac, tic, tac...
Pas le temps de prendre un pousse-café, faut sortir de la Sucrière. Même si l'on aperçoit du coin de l'oeil un désordre charmant, tous ces remous nous ont dégoûtés du chant des sirènes de l'entropie.

Et puis on est dehors, pas de trou noir. Pas de singularité, on peut faire la nique à Schwarzschild, c'est pas encore pour aujourd'hui. De retour dans le monde réel, dans une espèce de Rühr à la française, on se demande si le chaos ne nous a pas laissé un boulet au pied. Quelques bâtiments inachevés ou psychédéliques restent là pour opérer une transition sur coussin d'air, et puis la sortie se fait petit à petit, calmement... L'envie de fredonner le Jefferson Airplane est tentante, mais le risque est grand de faire une rechute. Tournons la page du registre de l'asile, les visites sont terminées pour aujourd'hui.


La Biennale de Lyon, jusqu'au 3 janvier 2010, sur les sites de la Sucrière, du Musée d'Art Contemporain, de la fondation Bullukian et de l'entrepôt Bichat.
Par L'Antiblogger - Publié dans : Kulture
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