Ca fait pile un mois que j'ai écrit mon dernier billet sur ce blog. Il part à vau-l'eau, mais je me refuse à l'abandonner. Encore une fois, à l'heure où j'écris les présentes lignes, je ne sais
pas trop ce que je pourrais vous dire d'intéressant. En ce moment, et comme pendant toutes les périodes ou je travaille (comprenez en fait la plupart des vacances scolaires), je n'aime pas trop
faire autre chose en dehors de mon boulot. Tout simplement parce que le coeur n'y est pas. Tout au plus je bouquine un peu pour ne pas perdre le fil de ma passion pour les mots.
Je profite de mes congés pour voir les amis, manger pour six semaines, sortir un peu... Mais à part ça, je trouve que c'est tout de même bien vide.
D'accord, je travaille, d'accord, je gagne par conséquent de l'argent que je pourrai dépenser à ma guise ensuite. Mais ça ne me rend pas vraiment plus heureux pour autant. J'ai du mal à
m'imaginer quadragénaire, trois enfants, une grosse bagnole et un T2 au coeur de Lyon, avec un pied-à-terre à la campagne, pourquoi pas dans les Bauges. Cette vie rangée ne me plaît pas, et pour
avoir trois gosses, à moins d'en adopter, faudrait que je trouve la maman déjà... De la paperasse pour les impôts, c'est chiant, alors pour les gosses... C'est un peu une double peine (je suis
sûr que les jeunes parents me comprennent).
Alors je me dis que si je ne veux pas d'une vie dont 90 % des gens s'accomodent, il me reste les modes de vie alternatifs. Vivre reculé en pleine forêt dans une yourte en cultivant un arpent de
cannabis? Je risque de me lasser, et je hais la solitude. Et puis j'ai plutôt les moeurs citadines, à en croire les dires de quelques amis psychanalystes amateurs.
Devenir bandit, ou un proxénète mondialement respecté? J'y ai pensé, mais je veux une vie pas trop risquée. Et puis les macs et les truands, ça devient un peu surfait.
Non ce que je veux, c'est un petit chalet pas trop loin de la ville mais suffisamment pour ne pas être importuné par les êtres inférieurs, avec une femme qui me comprend à mes côtés, un chat et
un portrait de Stanley Kubrick accroché au-dessus de la cheminée. Et puis je voudrais écrire. Et vivre un peu de ça. Et avoir des amis tous les jours à la maison, et pouvoir discuter avec qui je
veux quand je veux pour être sûr de tenir la solitude à distance. Je voudrais pouvoir me sentir bien sans jamais avoir à me droguer, à m'enivrer déraisonnablement. Je voudrais arrêter de penser
au fait que si je n'existais pas tout serait tellement plus simple. Je n'aurais pas à me tourmenter comme je l'ai fait pendant trop de nuits pour savoir si un jour je pourrai ressentir un
sentiment de plénitude.
Mais je crois qu'écrire est au-dessus de mes forces. J'ai des idées plein la tête, mais automatiquement j'ai un blocage à chaque fois que je tente de les mettre sur le papier. Et quand bien même
j'y parviens, le projet n'arrive jamais à terme. Faute de temps, d'envie, d'idées, de soutien. Je ne dis pas que je n'ai pas d'amis sur qui compter et qui pourraient m'aider dans les moments où
ça ne va pas trop. C'est simplement un sentiment de crainte de trop les solliciter qui m'obsède, et puis j'ai toujours préféré réussir en faisant tout moi-même, quitte à être hypocrite devant mes
faiblesses.
Je rêve d'une grande cérémonie faite en l'honneur d'un premier livre que j'aurais pu éditer à quelques exemplaires seulement, ce serait déjà une belle petite victoire. Une grande cérémonie, pas
pour signer ma gloriole personnelle, mais pour remercier tous ceux qui me donnent cette envie d'écrire, et qui donnent malgré tout ce goût à la vie. J'ai envie de dédier toutes ces pages qui ne
sont encore que des songes à mes ami(e)s, parce que je sais bien que je ne serais rien sans eux.
Ce qui me manque, ce sont des gens avec qui partager ce que je ressens. Des gens qui puissent me comprendre, m'écouter et me faire sentir vivant. Je dois reconnaître, au risque de passer pour un
snob, que certaines personnes de mon entourage me lassent, un peu à la manière d'un film qu'on verrait encore et encore pour finir par en connaître les moindres éléments du scénario. Je veux des
gens qui me surprennent, je veux des gens qui m'intéressent, qui m'inspirent, à qui je puisse rendre hommage dans un récit auquel je pourrai mettre un point à la phrase finale - et pas avant.
Ces gens-là sont là où je ne suis pas, ou je n'ai hélas que l'occasion de les côtoyer sur MSN (ce qui n'est déjà pas si mal).
J'ai envie de retourner à Lyon, à la civilisation, pour retrouver tous ces gens-là, une part de moi que j'ai laissée là-bas et qu'il me tarde de retrouver. Car c'est là-bas que sera ma place,
j'en suis chaque jour un peu plus convaincu.
Si tu fais partie de ces ami(e)s que j'apprécie tant, tu te reconnaîtras. Sinon, je ne te demande pas de changer, mais juste de me comprendre, si c'est possible.
C'est amusant, j'ai dit plus haut que j'avais un mal fou à écrire, et je me découvre bien prolixe en ce début de soirée.
A la revoyure tout le monde. J'espère que ce blog sera
back in the business à la rentrée, avec des vrais morceaux de galéjade à l'intérieur, et un peu plus de choses vraiment dignes
d'intérêt.
On se quitte sur du Jacques Brel, parce que c'est exceptionnel.
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